LA DEMEURE DE L’AMOUR
Auribeau-sur-Siagne, France
21.07.2009
Le petit village d’Auribeau-sur-Siagne se niche dans les collines au dessus de Cannes, sur la Côte d’Azur. Dans son enceinte, un lieu que les amateurs des hôtels les plus originaux du monde connaissent bien : « La Vignette Haute » Château et Hôtel-Restaurant.

L’édifice qui porte le titre élogieux de l’hôtel le plus pittoresque de France est enveloppé de lierre qui laisse entrevoir portes et fenêtres médiévales. Il est revêtu de toitures méditerranéennes et entouré de jardins parfumés.
Quand on dit « La Vignette Haute » on pense à ses seize chambres, ses trois restaurants, son immense terrasse avec une vue extraordinaire sur les versants des Alpes, sa piscine, son terrain de bowling, son musée « La Curiosa », à l’étable de son poney blanc, à ses cinq mille objets provenant de tous les coins de France, ses sentiers dérobés, ses loggias romantiques et ses cinq cents lampes à l’huile qui donnent au lieu une ambiance énigmatique. Selon M. Serge Povignac, directeur général de l’hôtel du groupe Luxembourg holding, séjourner dans un décor pareil est un véritable plaisir.

« Conceptuellement, Château et Hôtel-Restaurant « La Vignette Haute » est un lieu unique dans l’univers de l’hôtellerie ! Bien que semblables aux pièces des châteaux médiévaux, ses chambres sont parfaitement intégrées à l’entourage. Les amateurs de la nature qui y est intacte, ont de quoi se réjouir. D’autre part, l’hôtel est à proximité du village où se trouve un complexe architectural du XIVème siècle et cette distance est facile à franchir car les routes ne sont pas embouteillées. Finalement, il n’y a pas d’humidité comme c’est le cas sur le littoral. Et pourtant la mer, Monte Carlo, Saint-Tropez et Cannes ville qui a été la bonne étoile de notre établissement sont à la portée de la main ! »

Les Russes arrivent
L’histoire commence le jour où la voiture de Madeleine et Serge Griboff tombe en panne sur les versants ondulant au dessus de Cannes. C’était en 1947. Après une attente contrariante, le couple est récompensé par une découverte inattendue : celle d’une petite auberge cachée dans la verdure des bois à la lisière d’un village-miniature. L’auberge était mise en vente et ce à un prix dérisoire. Monsieur Griboff, d’origine russe et, à l’époque un des pionniers de la télévision française décide sur le champ de l’acheter. Il décide aussi d’y inviter immédiatement ses amis et collègues du « milieu » qui débarquaient justement dans la région à l’occasion de l’inauguration du premier Festival de cinéma de Cannes.
L’auberge n’avait que trois pièces dont deux au rez-de-chaussée qui servaient de restaurant et une à l’étage où vivait les Griboff. En hiver, l’auberge accueillait des chasseurs et on servait du gibier. A l’époque il n’y avait ni d’eau coulante ni d’électricité ! Mais il y avait des bougies et des lampes à l’huile. De nos jours encore, cet éclairage traditionnel a été préservé.
Au fil des ans, les propriétaires se succèdent. Après les Griboff, deux jeunes hommes amoureux achètent l’auberge complètement dénudée car il n’y avait plus aucun meuble. Le foin et les peaux firent office de sièges. L’ambiance authentiquement folklorique attira d’abord des artistes auxquels vinrent se joindre progressivement les villageois. La fidélité aux bougies et aux lampes à l’huile demeura. On y jouait de la guitare, on chantait, on grignotait tout ce qui avait été servi.
Suite à un incendie qui avait pratiquement démoli l’auberge en bois et grâce à la prime d’assurance qu’il avait touchée, un certain Alfonso propriétaire du lieu en 1969 décide d’agrandir la salle du restaurant tout en conservant cependant l’ambiance relax du lieu. Alors que la télévision était en plein essor et que les technologies modernes gagnaient du terrain, ce lieu insolite et décontracté faisait le bonheur des esprits curieux qui eurent la chance de le découvrir. Et puis, le jour où la Princesse Grace de Monaco fit apparition dans le restaurant l’affaire booma. Dès lors les têtes couronnées, vedettes, et artistes connus venaient savourer régulièrement des plat simples mais délicieux de « La Vignette Haute ».
Lorsque plusieurs années plus tard un autre incendie ravage le petit village d’Auribeau-sur-Siagne heureusement sans emporter des vies humaines, Alfonso renonce à la gastronomie…
Les uns partent, d’autres arrivent
Monsieur Hisan homme d’affaires de Paris rachète « la vignette sur la colline » et décide de renforcer son niveau gastronomique. Il invite Alain Ducas chef cuisinier peu connu à l’époque et lui confie la tâche de transformer l’auberge en lieu élégant où une clientèle exigeante pourrait apprécier des plats raffinés. Le chef cuisinier qui, de nos jours, est le maître incontesté de l’art culinaire en France, décoré de la Légion d’honneur, n’y arriva pas. La clientèle habituée à la simplicité des plats que le propriétaire précédent servait sous forme des mezzés, refusa d’accepter l’étiquette rigide qu’avait imposée celui qui est aujourd’hui Maître Ducas.
Mille neuf cent quatre vingt six fut une année catastrophique pour Auribeau-sur-Siagne. Un incendie de plus qui, cette fois-ci emporta l’auberge « La Vignette Haute ». Le malheur de l’ex-propriétaire fit le bonheur du nouveau ! Ingénieur à l’âme d’artiste, Jean-Jacques Meyer décide d’acheter les débris, principalement attiré par le grand terrain qui descendait jusqu’aux rives de la Siagne. « Moi, le Parisien fou, j’étais nul en matière de design de l’intérieur mais mon atout était mon savoir faire en matière de construction. C’était aussi mon grand défi personnel et professionnel. J’ai acheté une ruine. Et la ruine a fini par me ruiner! Je voulais que ce lieu célèbre retrouve son ancien lustre mais je voulais aussi en faire un établissement professionnel d hôtellerie.»
La première pierre fut posée le 4 octobre 1986 et le restaurant fut ouvert le 27 mai 1987. Cependant, les clients qui souhaitaient y séjourner durent patienter encore. M. Meyer ne semblait pas pressé. Il aménagea d’abord une chambre puis une autre. Une fois la deuxième chambre prête, il s’installa dans la première. Et ainsi de suite. Au fil des années, il continua d’appliquer le même cliché : dès qu’une nouvelle chambre était prête, il s’y installait. L’intérêt des touristes pour « La Vignette Haute » grandissait au fur et à mesure que le nombre de chambres se multipliait et ce principalement à cause du bruit qui courrait qu’aucune des seize chambres ne ressemblait à l’autre – du presque- jamais -vu dans l’univers de l hôtellerie. On ventait aussi et à juste titre, le mariage très réussi des détails médiévaux et de la technologie de pointe qui tout en exerçant les fonctions assignées était parfaitement dissimulée de la vue des clients.

L’hôtel est toujours tel que conçu par M. Meyer.
Le sol est recouvert de carrelage qui combine bois et marbre, une technique qu’on voit dans les châteaux français d’époque. Dans le procédée d’autrefois, les carreaux en marbre servaient de base et les carreaux en bois de joints.
M. Meyer appliqua le procédé inverse. Il recouvra le sol de toutes les chambres de carreaux de bois de 30 x 30 cm qu’il relia avec des carreaux de marbre. Qui plus est, les rebords arrondis des carreaux de bois donnèrent au sol un effet ondulant.
Les postes de télévision et de téléphone sont dissimulés dans les armoires qui au prime abord, passent pour penderies. Les robinets des salles de bain viennent des époques différentes, véritable épreuve d’énigmatique pour les clients. Une porte légèrement concave qui fut installée dans une des chambres, date du XVIII. Pour que cette porte puisse fonctionner, le mur entre la chambre et la salle de bain sur lequel elle avait été placée suit la même courbe que celle de la porte. Dans une autre chambre, une des portes que Monsieur Meyer avait découverte dans un château, est en pierre cailloutis. Telle une porte secrète d’antan qui mènerait aux souterrains ténébreux, elle chatouille notre imagination. Meubles, tableaux, objets décoratifs…fruits de recherches passionnées de l’ancien propriétaire qui les ramenait de ses voyages aux quatre coins de France : scènes de chasse aux cerfs, reliques chrétiennes…De chaque côté des fenêtres larges et coulissantes se dressent à 50 cm du mur extérieur de la chambre, deux petits murets. A quoi bon ? Les murets servent de support aux draperies et rideaux qui une fois posés dessus, dégagent entièrement les fenêtres et nous permettent de jouir pleinement de la vue panoramique sur les collines verdoyantes de la Côte d’Azur.

La ferme animale
Un hôtel aussi unique attire inévitablement ceux qui sont à la recherche de l’originel. Enthousiasmés par sa cuisine, les célébrités du monde du cinéma et de la musique : Roger Moore, John Malkovitch, Sigurni Viver, Federico Fellini, Rostropovitch, leur excellence les ambassadeurs d’URSS et de Canada en France en 1971, puis la princesse Stéphanie de Monaco et autres ressortissants du Gotha sont devenus les habitués de ce lieu charmant et discret…. Guerlain y lança son nouveau parfum, Bugatti présenta la voiture la plus coûteuse au monde, Harley-Davidson y organisa son rallye et ainsi de suite.
La salle à manger a été conçu de façon très particulière. Jadis une simple pièce rectangulaire, elle est divisée aujourd’hui en trois parties. La première qui porte le nom d’ « Etable » a un foyer au centre dans lequel le feu brûle toujours. Le feu et des centaines de lampes à l’huile donnent au lieu une ambiance mystérieuse. Dans les coins, des tables triangulaires et des lampes hautes, elle aussi de forme triangulaire, avec sept ampoules chacune. Sur les tables, des coupes en étain dans lesquelles se cachent des verres. Grâce à ce petit détail et avec un peu d’imagination, on se croirait facilement à table d’un seigneur médiéval…Les poutres du plafond aux dimensions 50 x 50 cm viennent des vieilles fermes de la région.
Si on souhaite entendre notre air favori, il suffit de faire tourner le vieux piano mécanique qui le jouera alors à l’aide de ses notes perforées. Même s’il arrive qu’on soit seul à table, impossible de s’ennuyer car une grande partie de la collection de 5,000 objets se trouve précisément dans cette salle. Chaque passage au restaurant est aussi l’occasion de découvrir un nouvel objet. L’objet y était évidemment déjà lors de notre passage précédent mais notre perception limitée était incapable de capter autant de diversités et retracer autant d’histoires qui accompagnent chaque objet...
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L’amour au fil des siècles
« La Basse cour » est le second restaurant qui en son sein, abrite une vraie ferme qu’une paroi en verre sépare de la salle à manger. Ainsi, à côté du client à table, le poney blanc paît paisiblement, deux moutons broient de l’herbe ou observent tout simplement, les lapins courent à droite à gauche…Le troisième restaurant où il était jadis permis de fumer porte le nom de « La Tour ». Il donne sur une grande terrasse couverte d’auvents en toile blanche…depuis laquelle le tour d’horizon est à couper le souffle : partout des collines verdoyantes et au lointain, la mer….L’étage de « La Tour » abritait autrefois une galerie d’art. Madona, l’icône de la musique pop n’avait pas résisté, elle non plus, au charme de ce lieu intéressant. Elle s’y était rendue en 1991 lors de son passage au Festival de Cannes. « Une artiste du village d’Auribau exposait alors ses toiles aux motifs religieux » évoque Monsieur Meyer « Connue pour sa profonde dévotion, Madona a acheté une toile. Quelques jours plus tard, nous avons reçu une lettre de sa part dans laquelle elle nous remerciait de notre hospitalité ! »
Cet espace a été ensuite transformé en musée : le musée de l’amour « La Curiosa ». Le musée abrite actuellement une collection de gravures, de photos et d’objets aux motifs érotiques qui retracent l’amour au fil des siècles. La plupart des objets exposés sont des originaux mais on y trouve aussi des copies. L’objet les plus ancien date d’il y a deux mille ans ! Le musée, un véritable hymne à l’amour attire les visiteurs désireux d’admirer les toiles de Van Gogh, Fragonard, Picasso…
Monsieur Meyer avait lui-même construit la terrasse et la piscine. « Je ne voulais pas de piscine bleue qu’on voit aussi fréquemment sur la Côte d’Azur. La piscine de La Vignette fait penser aux termes romaines ou aux bains de châteaux. Et ce n’est pas sans orgueil que je répondais aux clients à leur question de savoir s’il était permis de se baigner dans les termes ! » La piscine est de couleur rouge ocre, couleur du sol de la Côte d’Azur. C’était à l’époque, un choix bien audacieux. Sous les arcades, à l’entrée de la piscine, le bassin est peu profond. La profondeur augmente en allant vers le centre où l’eau est la plus profonde.

« L’aménagement de la vignette »
« La Vignette Haute » Château et Hôtel-Restaurant est un quatre étoiles de luxe (catégorie la plus élevée en hôtellerie en France), nous explique Monsieur Serge Povignac. « Pour des clients spéciaux, nous disposons actuellement de trois chambres supplémentaires dans le village d’Auribeau sur Siagne. Vu l’intérêt grandissant pour cette partie encore intacte de la Riviera, nous avons l’intention d’agrandir l’établissement en y ajoutant quarante chambres, une grande salle de conférence, une piscine couverte, un spa, des terrains de tennis… »
En sa qualité de chef de projet et d’architecte qui avait travaillé pendant plus de trente ans pour des sociétés renommes telles Bouygues, Dumez, Batignolles, La Bourdette, monsieur Povignac estime que les nouveaux espaces doivent être conçus et exécutés dans le style médiéval afin de les intégrer aux espaces existants d’une telle façon « que personne ne croirait qu’ils aient été construit ultérieurement ».
« L’hôtel dispose d’un mini bus qui dessert les clients 24 heures sur 24. Toutes les vingt minutes, il fait la navette entre Cannes et l’hôtel. Pour les clients qui souhaitent connaître les alentours et visiter par exemple, le bourg de Gras connu pour ses laboratoires de parfums, Saint Tropez, Cannes, Saint Paul Vence nous organisons des excursions journalières. Les amateurs « de classe» et d’élitisme peuvent visiter Monaco et Saint Tropez à bord de notre yacht de luxe « Alexandre III » expérience unique permettant de voir Cannes, Nice, Antibes depuis la mer.
Les investissements futurs ciblent aussi la création d’une colonie de peinture ce qui pourrait faire souffler des vents nouveaux sur la région tout entière et classer le village comme attraction touristique de ce coin du monde. Le Château et Hôtel-Restaurant « La Vignette Haute » est le lieu idéal pour toute sorte de plaisirs : situé dans un décor au climat idéal et à la nature intacte, il est ouaté de quiétude. Ses programmes sont destinés à tous ceux qui apprécient la gastronomie fine, l’hébergement dans des chambres très originales, les termes romaines, l’ambiance romantique et bien entendu-le luxe !
Texte : Jelena Kalicanin
Photos : Goran Music
Traduit par Jasmina Petrovic
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